vitam impendere vero

Incognito Investigations

Détective privé

Statut légitime

Vous hésitez toujours à faire appel à un détective privé - intrigués, dubitatifs, prudents ?

Voici quelques renseignements sur notre profession certes atypique, discrète, mais pas secrète.

Depuis l'ouverture de la première agence de "détectives privés" par le sulfureux Vidocq, presque deux siècles de législation fluctuante ce sont écoulés avant que cette activité ne soit complètement encadrée par l'état.

Actuellement, la profession est régie par le code de sécurité intérieure (Livre VI, Titre II), soumise au secret professionnel et à un code de déontologie.

Tous les détectives doivent détenir un diplôme spécialisé (notamment de la prestigieuse université de droit Panthéon Assas), posséder un agrément, délivré par CNAPS sous tutelle du Ministère de l’Intérieur.

Évolution de la profession

A travers ces quelques noms de détectives célèbres qui ont marqué leur époque, nous vous invitons à découvrir comment à évolué notre profession.

De l'ex-bagnard à l'auxiliaire de justice

. Vidocq

. Marie-François Goron

. Pinkerton

. Les "malfrats" reconvertis en "détectives privés"

. Charles Pasqua - Détective privé, puis Ministre de l'Intérieur

. La législation actuelle

Vidocq

Vidocq - personnage sulfureux, est considéré comme le "père de la profession".
Successivement délinquant, bagnard puis policier et enfin détective privé, il crée la première agence de détectives 1833 - le "Bureau des Renseignements Universels pour le Commerce et l'industrie".
VIDOCQA 16 ans, il s’engage dans l’armée révolutionnaire, puis déserte pour mener une vie délinquant - voleur et faussaire. Condamné au bagne de Brest , il s’en évade déguisé en matelot.  Repris et envoyé au bagne de Toulon, il s’en évade de nouveau et acquiert ainsi une grande notoriété dans le milieu du crime.
En 1809, il  propose ses services d’indicateur à la police parisienne. Deux ans plus tard, le Préfet de Paris le nomme à la tête de la Brigade  de Sûreté – un service de police composé d’anciens condamnés dont le rôle est d’infiltrer le « milieu ». Vidocq est officiellement gracié en 1818.
Ses nombreux succès et ses méthodes peu orthodoxes lui apportent autant d'admirateurs que de détracteurs. Ses hommes revendiquent 3 fois plus de captures que les policiers classiques. Ces derniers sont jaloux et tentent, par tout moyen, de le dénigrer .
Vidocq démissionne de l'administration et se reconvertit imprimeur. Lui, l'ancien faussaire, inventera un papier infalsifiable. Son agence de détectives - le "Bureau de renseignements universels", avait pour objectif de protéger les commerçants victimes d'escrocs qui achetaient des marchandises à crédit sans jamais les payer. Mais, ce fut aussi la première agence à traiter les adultères, ainsi que la recherche de débiteurs.
A la fin de sa vie, Vidocq émigre en Angleterre pour fuir la police française. Complètement ruiné, il s'éteindra à Paris dans le plus total dénuement, sans doute inhumé dans une fosse commune.

Remonter en début de page

Marie-François Goron

Marie-François Goron, contemporain à Vidocq, crée, en 1896, un cabinet de détective privé.

GoronAprès de brèves études au lycée, s'engage dans l'armée. Il participe à des campagnes en Martinique et en Algérie, ainsi qu'à la guerre de 1870. Ensuite, durant plusieurs années, il est employé de commerce à Rennes et en Amérique du Sud. En 1881, il entre à la Préfecture de police de Paris et monte très rapidement les échelons. En 1886, il devient "chef" de la Sûreté Générale.

Retraité, il ouvre un cabinet de police privée à son nom, exemple célèbre de reconversion de policiers dans le privé.

Remonter en début de page

Pinkerton

Allan Pinkerton, quelques années après Vidocq, devient le "père fondateur" du métier aux Etats Unis.

PinkertonCet Écossais, issu d'une famille pauvre qui émigre en Amérique du Nord, commence sa vie professionnelle comme tonnelier, puis il est élu shérif. En 1849, il travaille pour la police de Chicago. Il démissionne peu de temps après et fonde en 1850 sa première agence de détective sous le nom de "Pinkerton National Detective Agency". Il y élucidera une série d'affaires de vols dans des trains.

En 1861, il fait échouer le complot de Baltimore visant à assassiner Abraham Lincoln, fraîchement élu président. En remerciement de lui avoir sauvé la vie, le jeune président le recrute dans ses services secrets pendant la guerre de Sécession.

En 1869, son agence emploie 10 000 agents à travers le pays et fait régner la loi dans le far West où la Police n'existe pratiquement pas.

Tout comme Vidocq, la trace qu'il laisse dans l'histoire est mitigée - entre faits glorieux et méthodes de pression "très musclées", notamment sur les syndicats.

Remonter en début de page

Les "malfrats" reconvertis en "détectives privés"

Durant la Seconde guerre mondiale, des membres de la pègre louent leurs services soit aux nazis, soit rejoignent la Résistance, tout en restant en lien entre eux.
Après la Libération, plusieurs d'entre eux créeront des gangs célèbres.
Un exemple - "Le gang des tractions avant" - une bande de malfaiteurs, spécialisée dans les attaques à main armée, menées à bord de Citroën du même nom. Certains membres du gang étaient issus de la "Gestapo française", d'autres - de la Résistance. Les braquages s'élèvent en quelques mois à plus de 80 millions de francs (soit plus de 6,5 millions €).
Le chef de gang était Pierre Loutrel, dit "Pierrot le fou".
Beaucoup de gangsters (tel Christian David, dit "le Beau Serge") possédaient la carte du Service d'Action Civique (SAC), une organisation clandestine au service des gaullistes pendant la guerre d'Algérie, chargée des "basses besognes". Un certain nombre de malfrats se mettent alors à leur compte en créant des sociétés de sécurité ou de détectives privés, voire les deux.

Ces gangsters, surnommés "les barbouzes du privé" ont perpétré la mauvaise réputation de la profession, n'hésitant pas à recourir à des méthodes hors la loi, comme la corruption de fonctionnaires, l'utilisation de fausses cartes de police, le crochetage de serrures, les cambriolages, les écoutes illégales, voire même les armes.

Néanmoins, l’État renie formellement l'existence d'une "Police parallèle". Ainsi, Roger Frey, alors ministre de l'Intérieur, déclare devant l'Assemblée nationale le 7 mai 1966.
"Qu'est-ce qu'une police parallèle ? Si l'on veut dire une police non intégrée à la hiérarchie traditionnelle et réglementaire de l’État, qui instrumenterait illégalement et clandestinement, alors j'affirme solennellement une fois pour toutes - qu'il n'y a pas de police parallèle et qu'il faut que cessent ces calomnies odieuses, ces racontars déshonorants, ces histoires de barbouzes, qui, n'ont même plus le mérite d'être drôles.
Il faut que le pays sache qu'il n'y a en France que les forces régulières de la Sûreté Nationale, de la Préfecture de Police et de la Gendarmerie Nationale."

Pourtant, durant les dix premières années de son existence, c’est-à-dire de 1958 à 1968, le Service d’Action Civique eut l’appui total de Roger Frey qui régnait sur la place Beauvau, tant en Algérie qu'en Métropole, avant d'assurer, au lendemain de l'indépendance algérienne, la couverture du SAC dans toutes ses activités para-légales, et à l'occasion franchement criminelles.
Les porteurs de la carte tricolore du SAC ont bénéficié de la mansuétude du ministère de l'Intérieur, jusqu'en 1967.

Remonter en début de page

Charles Pasqua

Charles PasquaAvant de devenir Ministre de l'Intérieur, Charles Pasqua fut, entre autre, détective privé.
Fils de policier, pendant la Seconde Guerre mondiale, comme le reste de sa famille, il rejoint la Résistance à l'âge de 15 ans sous le nom de "Prairie". Son père, André, appartient déjà à un réseau et fabrique de fausses cartes d'identités dans son commissariat.
Il rejoint la France libre du général de Gaulle, un homme auquel il sera toujours fidèle et dont il défendra avec intransigeance l'œuvre et la pensée.
Après la guerre, il commence sa carrière professionnelle comme plagiste, veilleur de nuit puis vendeur d'anisette chez Paul Ricard. Entré au bas de l’échelle, il est remarqué pour son bagout et son talent de vendeur. Il gravit rapidement les échelons pour finir numéro deux du groupe, en 1967.Son astuce consistait à envoyer des amis dans les bistrots de campagne où le Ricard était inconnu dans ces endroits de la France pour qu’ils demandent cette boisson dont le bistrotier ne disposait pas, puis Charles Pasqua venait ensuite proposer d’en vendre, ce qu’acceptait le barman face à l’accumulation de fausses demandes
Le jeune Pasqua ouvre une éphémère agence de détectives privés avant de devenir le numéro deux du tristement célèbre Service d’action civique (SAC) - qu'on peut qualifier de "garde prétorienne", "service d'ordre" ou "Police parallèle". Il crée un réseau d’informateurs chargé de lui faire remonter ce qui se disait dans le parti gaulliste.
Charles Pasqua est exclu du SAC sur ordre de Jacques Foccart au début de 1969 pour avoir tenté d'en prendre le contrôle à la faveur des événements de mai 1968.

Ancien détective, Charles Pasqua dépose lui-même, en 1995 un projet de loi visant à encadrer la "sécurité privée" (loi d'orientation et de programmation relative à la sécurité -LOPS), afin de départager clairement les domaines d'intervention des services publics et agences privées. Ainsi, les sociétés de "sécurité privée" sont reconnues par des textes de loi, leur permettant de prendre en charge certaines missions de sûreté concernant les villes, les entreprises ou les citoyens, jusqu'alors dévolues à l’État.

Remonter en début de page

La législation actuelle

En 1983, l’État décide de légiférer afin d'encadrer la profession par une une première loi du 12 juillet 1983.

Le 6 juin 2000 l’état crée la "Commission nationale de Déontologie et de Sécurité".
Le 18 mars 2003, la loi "Sarcosy II" crée le "Titre II - Sur les Activités des Agences de recherches privées".

Depuis 2012, la profession est régie par le Code de Sécurité Intérieure (CSI).

L’État. instauré un organisme de contrôle : le Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) qui se charge de délivrer un agrément préfectoral et une autorisation d'exercer (obligatoires, à l'heure actuelle, pour exercice de cette profession).
Si vous contactez un détective privé, vous êtes en droit d'exiger son numéro d'agrément préfectoral, ainsi que son autorisation d'exercer: ceux-ci doivent figurer sur tout document que vous signez.

Remonter en début de page